En passant ces derniers jours près d’un grand bassin d’eau, j’entends une maman dire à son enfant en vélo : « Ne va pas près de l’eau, tu risques de tomber, c’est très dangereux ici et après tu vas te noyer ! » Vu le ton paniqué de la mère, j’étais presque étonnée qu’elle n’ajoute pas «… et au fond de l’eau tous les poissons ont le coronavirus ! »

Cette maman est submergée par ses émotions. Des six émotions fondamentales  (la joie, la surprise, la colère, la peur, le dégout, la tristesse) c’est la peur qui prend ici le contrôle de la situation. Cette émotion aura pour fonction de contrôler son enfant. Mais contrôler son enfant en lui donnant des ordres ne lui apprend pas le sens des responsabilités. Comment aurait-elle pu s ‘y prendre ?

Depuis la nuit des temps les émotions sont là pour nous alerter. On peut remercier nos ancêtres d’en avoir eu car ceux qui n’étaient pas aux aguets, conscient de leur émotion et prêt à déguerpir ont fini mangés par les lions ! Donc tous ceux qui lisent cette lettre aujourd’hui ont eu des aïeux hier qui ne prenaient pas un lion pour un chat et c’est tant mieux !

Mais d’ou viennent les émotions de cette maman ? Ses émotions viennent de ses croyances car chacun d’entre nous crée ses propres émotions. Si notre éducation nous a permis de penser que les gens sont amicaux et que nous pouvons leur faire confiance, nous créerons une émotion positive qui nous permet de nous rapprocher des gens. Si en revanche nous pensons qu’il faut se méfier des autres nous créerons une émotion négative qui nous gardera à distance de notre entourage.

Les émotions négatives chez cette maman qui sur-réagit sont liées à ses propres croyances car une autre maman aurait, face à cette même situation, pu répondre totalement différemment. Dès lors que vous prenez conscience que vos pensées et vos émotions ont des conséquences sur le comportement que vous adoptez vis à vis de votre enfant, vous pouvez vous poser les questions suivantes :

Mes pensées sont-elles rationnelles ? Qu’est-ce qui me l’indique ? Est-ce que mes pensées font interférence avec mon bien-être ou celui de mon enfant ? Est-ce que ma « logique interne » engendre des exigences, des plaintes ou des reproches  vis-à-vis de mon enfant ? Quelles sont les conséquences du maintient ou d’un changement de mode de pensées ?

L’état d’esprit positif ou négatif avec lequel vous abordez toute situation est fondamental car on peut induire une situation en l’anticipant.

La maman arrivée non loin du bassin aurait pu se dire : L’endroit m’inquiète, je suis tombée dans l’eau quand j’étais petite mais mon expérience aujourd’hui doit être utile à mon enfant qui a une autre histoire que moi. Elle peut en amont lui dire : « Nous allons nous promener dans un bel endroit et tu verras, il y a un grand bassin avec de jolis canards. Je resterai tout près de toi car tu es en vélo et il n’y a pas de barrière. Puis lui poser des questions qui le responsabilisent : Que peux-tu faire pour éviter de tomber ? A quelle distance de l’eau penses-tu rouler pour rester en sécurité ? Si tu veux donner à manger aux canards, d’où est-ce que tu peux le faire pour ne pas perdre l’équilibre ?

Ne sous-estimons pas la capacité de nos enfants à trouver des solutions et se responsabiliser dès le plus jeune âge. Ils ont un cerveau…eux aussi… et leur créativité est parfois spectaculaire. Que croyez-vous que l’enfant de la maman stressée a pensé de lui, de sa maman et du monde qui l’entoure ? Et que croyez-vous que l’enfant, face à des questions qui le responsabilisent pense de lui, de sa maman et du monde qui l’entoure ?

Vos réponses sont les bienvenues mais vous avez déjà tout compris…Et si vous voulez apprendre à pratiquer une éducation qui favorise le « mise en capacité » de votre enfant ou comprendre votre « logique interne » pour mieux vivre votre parentalité, suivez mes ateliers ! C’est facile, en ligne, et c’est ICI !